Fait révélateur, sur les 64 études portant sur des pays francophones, près de la moitié ont été publiées en anglais et référencées dans des bases de données internationales. Cela illustre le dilemme permanent auquel sont confrontés de nombreux chercheurs non anglophones : publier en anglais ou périr.
Même les répertoires en libre accès, tels que le Directory of Open Access Journals (DOAJ) et African Journals Online (AJOL), mettent peu en valeur les travaux académiques issus de l’Afrique subsaharienne francophone.
En mars 2025, seuls 117 des 21 453 revues indexées dans DOAJ provenaient d’Afrique subsaharienne, ce qui représente à peine 0,5 %. Parmi celles-ci, seulement 24 étaient issues de pays francophones, dont deux dans le domaine de l’éducation et six en sciences sociales.
De même, sur les 865 revues hébergées par AJOL, seulement 60 (7 %) provenaient de pays subsahariens francophones, et seules deux étaient consacrées à l’éducation.
Cette représentation limitée s’explique en partie par le fait que de nombreuses revues africaines ne répondent pas actuellement aux normes d’indexation internationales ou régionales.
Elle n’en contribue pas moins à maintenir la recherche francophone évaluée par les pairs dans une relative invisibilité.
Une cartographie parallèle de la recherche sur l’apprentissage fondamental au Sénégal met en évidence les difficultés d’accès et de visibilité : bien que des travaux académiques existent, les identifier s’est avéré long et laborieux.
L’étude a montré que les articles de revues représentaient 40 % des productions recensées, principalement publiés dans des revues universitaires nationales ou régionales, suivis des rapports de recherche (31 %).
Pour les localiser, Thierno Malick Diallo, chercheur au sein d’ESSA, a exploré des revues non indexées, consulté des dépôts institutionnels et mené de nombreuses recherches via Google Scholar.
Il s’est également appuyé sur les recommandations de chercheurs locaux et s’est rendu à la bibliothèque de l’Université Gaston Berger, au Sénégal, pour accéder à des travaux non disponibles en ligne.
Cet effort fait écho à une initiative récente du hub GPE KIX Afrique 21, menée en partenariat avec l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF), l’Organisation Internationale de la Francophonie et la CONFEMEN.