Comment cocréer la recherche lors d’une pandémie mondiale?

Par: Tulashi ThapaliyaandGunilla OlssonandRobert JenkinsandMark Waltham Posted: 06 août 2021
Ce blogue a initialement été publié sur le site Web Evidence for Action de l’UNICEF le 12 mai 2021. Les opinions exprimées dans le présent billet sont les opinions des auteurs et ne reflètent pas nécessairement celles du KIX.    
Israel Idrisi, 9 years old, at school. Nepalgunj, Banke District, mid-western Nepal.
Source: UNICEF/Prasad Ngakhusi

Même dans les contextes les plus difficiles, certaines écoles excellent dans l’apprentissage, défendent l’égalité des genres et ont un faible taux d’abandon scolaire. Ces écoles « déviantes positives » fournissent des enseignements précieux sur la manière d’améliorer des écoles similaires, mais moins performantes. Grâce à la recherche sur la déviance positive Data Must Speak (DMS), l’UNICEF et ses partenaires déterminent les comportements et les pratiques efficaces dans les écoles déviantes positives et étudient la manière dont ils peuvent être étendus à d’autres écoles. Cette recherche est l’un des trois volets de l’initiative mondiale DMS, qui vise à améliorer l’apprentissage par un meilleur accès aux données, leur analyse et leur utilisation. De cette façon, les systèmes d’éducation sont optimisés à l’aide de données et de preuves, quel que soit le contexte. Mais pour y parvenir, il faut l’implication de toutes les parties prenantes, du ministre de l’Éducation aux enseignants et aux élèves.

 

La solution? La cocréation! Ce processus signifie que les partenaires clés communiquent leurs connaissances et leur expertise, acquièrent de nouvelles compétences en recherche, s’assurent que la recherche est alignée sur les priorités de leur gouvernement et s’investissent davantage dans la mise en œuvre des recommandations. La cocréation comprend une collaboration à chaque étape, de la conception de la recherche à l’analyse, en passant par l’optimisation de l’utilisation des données. En renforçant les capacités locales, les partenaires nationaux peuvent eux-mêmes reproduire la recherche à l’avenir, garantissant ainsi l’amélioration continue des écoles.

Le ministère népalais de l’Éducation, des Sciences et de la Technologie (MoEST) estime que des données sur les facteurs d’une éducation de qualité dans ses écoles très performantes pourraient l’aider à atteindre ses objectifs en matière d’éducation.

 

« Pour atteindre les buts et objectifs définis dans notre plan sectoriel de l’éducation, nous devons comprendre quels sont les principaux facteurs d’une éducation de qualité dans les écoles. L’approche de la déviance positive de DMS pour l’analyse de l’apprentissage nous aide à comprendre les facteurs qui font que certaines écoles disposant de ressources et d’un contexte similaires obtiennent de meilleurs résultats que d’autres »  – Dr. Tulashi Thapaliya, secrétaire associé du ministère de l’Éducation, des Sciences et de la Technologie

 

Une collaboration pratique avec les parties prenantes nationales dans les bureaux et les écoles a été prévue. Mais la pandémie de COVID-19 a frappé et les priorités se sont déplacées vers la réponse à la pandémie. Néanmoins, le MoEST, les universitaires locaux et l’UNICEF au Népal ont décidé de poursuivre les recherches, bien que virtuellement. Cela a posé un nouveau défi : comment créer des liens sociaux et une compréhension avec des partenaires qui jouent un rôle essentiel dans la cocréation de la recherche?

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Une saisie d’écran de l’une des séances virtuelles de « cocréation technique ».
 

Peut-être sans surprise, en utilisant Zoom! Une série de huit séances virtuelles de « cocréation technique » entre le personnel du MoEST, les universitaires locaux et les chercheurs de l’UNICEF a été organisée. Ces séances ont couvert les étapes essentielles de l’analyse quantitative des ensembles de données administratives, y compris la conception de la recherche, le développement d’indices scolaires et l’interprétation des résultats, entre autres. En utilisant une approche d’apprentissage par la pratique et en engageant de larges discussions, ces séances ont créé un espace pour l’apprentissage mutuel et l’analyse de données pertinentes pour les politiques.

« Le SIGE au Népal est un ensemble de données complet qui présente une occasion importante en ce qui a trait à l’analyse et à l’orientation de la planification. La collaboration avec l’équipe de recherche de DMS est précieuse, car nous ne recevons pas seulement les résultats de l’analyse, mais nous savons aussi quels éléments peuvent être intégrés dans le SIGE pour le renforcer » – M. Shankar Bahadur Thapa, sous-secrétaire du Centre pour l’éducation et le développement des ressources humaines

 

Des ensembles de données complets, comme les systèmes d’information sur la gestion de l’éducation du Népal, offrent une occasion importante d’orienter l’analyse et la planification. En collaborant tout au long du parcours de recherche DMS, les partenaires ne reçoivent pas seulement les résultats de l’analyse, mais disposent également de connaissances plus approfondies pour renforcer ces ensembles de données. De cette manière, la scolarisation des enfants népalais peut être améliorée en permanence, ce qui contribue à assurer leur avenir.