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Assemblée générale annuelle du KIX-SEEDS : Comment les données peuvent-elles améliorer les résultats d’apprentissage?

Par: KIX-SEEDS Working Group | Posted:
GPE KIX SEEDS annual meeting
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KIX-SEEDS

Dirigé par l’African Population and Health Research Center (APHRC) et financé par le programme Partage de connaissances et d’innovations du Partenariat mondial pour l’éducation (GPE KIX), le projet connu à l’interne sous le nom Renforcement et amélioration des systèmes de données sur l’éducation (KIX-SEEDS) élabore et met à l’échelle des solutions numériques pour le domaine de l’éducation tout en renforçant la capacité des parties prenantes de l’éducation locales. L’équipe du projet reconnaît et aborde les différences contextuelles observées dans certaines unités administratives infranationales en Ouganda, au Burkina Faso et au Sénégal. 

Le KIX-SEEDS vise à améliorer la prise de décision et la planification fondées sur des données probantes à tous les niveaux de gouvernance en renforçant la collecte de données et d’analyses plus granulaires au niveau infranational. Cette approche globale met en lumière les lacunes critiques, notamment la pénurie de personnel enseignant, l’infrastructure scolaire inadéquate et d’autres indicateurs qui reflètent l’équité et l’inclusion des genres. Grâce à l’intégration des considérations de l’égalité des genres, équité et inclusion (EGI) à tous les niveaux de la chaîne de valeur des données sur l’éducation, le projet produit des renseignements exploitables qui guident la prise de décisions à plusieurs niveaux, de la planification scolaire individuelle à l’amélioration plus large des résultats des élèves. 

Au cœur de cette initiative se trouve le renforcement des capacités des personnes responsables de la planification de l’éducation, des équipes de données, du personnel enseignant et d’autres parties prenantes clés à l’échelle infranationale. Le projet dote ces parties prenantes essentielles des compétences nécessaires pour produire, analyser et utiliser efficacement les données pour prendre des décisions éclairées, renforçant ainsi les bases de l’avancement de l’éducation dans les régions participantes. 

Lancé en janvier 2024, le projet est mis en œuvre par l’intermédiaire de partenaires de mise en œuvre au niveau national : l’Institut Supérieur des Sciences de la Population (ISSP) au Burkina Faso, le Programme des systèmes d’information sanitaire (HISP) en Ouganda et l’École Supérieure d’Économie Appliquée (ESEA) au Sénégal, et vise à atteindre les résultats suivants :  

  • Des données pertinentes sur le secteur de l’éducation qui répondent aux besoins réels des communautés locales. 
  • L’amélioration des systèmes de données sur l’éducation avec des données à l’échelle de l’enfant et de l’école. 
  • Des bulletins scolaires ou infranationaux holistiques qui éclairent l’apprentissage et l’échange entre les pays. 
  • L’amélioration des systèmes de données sur l’éducation avec des indicateurs de genre, d’égalité, d’équité et d’inclusion. 

Après un an et demi de mise en œuvre, l’APHRC, en collaboration avec l’ISSP, le partenaire de mise en œuvre au Burkina Faso, a convoqué une assemblée générale annuelle de trois jours, du 2 au 5 juin 2025, à Ouagadougou, au Burkina Faso. L’assemblée visait à réfléchir aux leçons apprises après un an de mise en œuvre et à mobiliser les parties prenantes nationales et régionales sur l’intégration de systèmes de données prometteurs dans les cadres nationaux. 


Professeur Andre-Pascal Kengne (directeur de la recherche, APHRC); professeur Abdramane Soura (ISSP); Seni Oedraogo (coordonnateur du GPE, ministère de l’Éducation, Burkina Faso); Zangbewennin Kyelem (coordonnateur du KIX, ministère de l’Éducation, Burkina Faso); professeur Nicolas Meda (directeur de l’ISSP).

L’assemblée, qui a réuni environ 15 responsables du ministère de la Santé du Burkina Faso, a été dirigée par le coordonnateur du GPE du Burkina Faso et son homologue du GPE KIX. Parmi les autres personnes participantes figuraient des parties prenantes de l’éducation, des chercheuses et chercheurs, des responsables des politiques et des praticiennes et praticiens, ainsi que des représentantes et représentants de cinq pays d’Afrique subsaharienne : l’Ouganda, le Burkina Faso, le Sénégal, le Kenya et le Togo. 

« Nous avons démontré que la recherche et l’éducation, avant tout, sont des piliers du développement. » 

– Seni Ouedraogo, représentant du ministère de l’Éducation et coordonnateur du GPE, Burkina Faso 

L’assemblée a mis en évidence des progrès importants dans le renforcement des systèmes de données sur l’éducation tout en reconnaissant les défis continus pour s’assurer que les données se transforment en changements significatifs dans les salles de classe. Les discussions ont porté sur la façon d’exploiter les données de manière plus efficace pour améliorer les résultats d’apprentissage et accroître l’incidence des solutions de systèmes de données novatrices, telles que celles élaborées et mises à l’essai par le projet KIX-SEEDS. 

Étant donné que le projet met l’accent sur la mise à l’échelle de l’impact de l’innovation, l’équipe de la Brookings Institution, coordonnatrice de la Recherche sur la mise à l’échelle de l’impact des innovations dans l’éducation (ROSIE), a fait une présentation sur les pratiques exemplaires pour mettre à l’échelle l’impact de l’innovation. 

Faits saillants de l’assemblée générale annuelle: 

 

1. Renforcer l’infrastructure et la circulation des données 

Un thème central a souligné l’importance de créer des systèmes de données robustes de bout en bout. Les personnes participantes ont souligné que la collecte de données fiables et opportunes doit commencer à l’échelle de l’école, où le personnel enseignant et la direction d’école jouent un rôle essentiel dans la saisie de renseignements précis sur l’assiduité, le rendement et les besoins des élèves. Ces données doivent circuler de manière transparente à travers les districts jusqu’aux systèmes nationaux d’information de gestion de l’éducation, où elles peuvent éclairer la planification, l’établissement du budget et les décisions politiques. Des systèmes de données bien intégrés et interopérables aident les pays à éviter la fragmentation, le dédoublement et les manques d’efficacité qui peuvent miner la valeur des renseignements recueillis. 

2. Améliorer la capacité et l’utilisation à l’échelle de l’école 

L’assemblée a souligné que la collecte de données à elle seule est insuffisante. Le personnel enseignant, les personnes responsables d’établissements et les responsables locaux de l’éducation doivent être capables d’interpréter les données et de les utiliser pour éclairer leur enseignement quotidien et leur gestion scolaire. Dans certains districts pilotes, le fait de fournir aux écoles des tableaux de bord qui font le suivi des progrès des élèves a permis au personnel enseignant de repérer plus tôt les élèves en difficulté et d’ajuster leur enseignement pour répondre de manière plus efficace à leurs besoins individuels. L’assemblée a mis en évidence des exemples où des boucles de rétroaction opportunes et pertinentes entre les écoles et les bureaux d’éducation ont donné lieu à des interventions plus ciblées, comme un tutorat supplémentaire pour les élèves à risque ou la participation des parents à l’apprentissage à domicile. 

3. Éclairer l’affectation des politiques et des ressources 

À l’échelle des politiques, l’assemblée a montré comment les pays commencent à utiliser des données désagrégées pour cerner et corriger les inégalités, en dirigeant les ressources là où elles sont le plus nécessaires. Les autorités scolaires régionales ont expliqué comment les données locales ont guidé les décisions d’affecter plus de personnel enseignant aux écoles surpeuplées, de distribuer du matériel d’apprentissage aux communautés mal desservies ou de déployer des unités d’apprentissage mobiles pour atteindre les régions éloignées. En visualisant les disparités entre les écoles urbaines et rurales ou les différences de rendement entre les garçons et les filles, les responsables des politiques sont mieux placés pour concevoir des interventions qui comblent ces lacunes et favorisent des résultats d’apprentissage plus équitables. 

4. Favoriser la collaboration et la culture des données 

Une autre idée qui a fortement résonné tout au long de l’assemblée est l’importance de développer une culture d’utilisation des données et de collaboration. Les personnes participantes ont souligné que les données ne devraient pas se limiter à des rapports techniques ou à des examens annuels, mais qu’elles devraient être fondées sur un dialogue régulier entre les parties prenantes. L’assemblée générale annuelle elle-même en a fourni un exemple, réunissant des responsables du gouvernement, des partenaires de développement, de la société civile et des chercheuses et chercheurs pour discuter ensemble de la façon de renforcer les liens entre les données, la prise de décision et les actions. Les échanges entre pays ont permis aux personnes participantes de faire part des innovations pratiques telles que des outils de collecte de données mobiles et des tableaux de bord communautaires, démontrant comment les réseaux d’apprentissage régionaux peuvent accélérer l’adoption de pratiques prometteuses. 


Personnes participantes : Damazo Kadengye (chef de projet KIX-SEEDS et responsable de l’Unité de synergie et d’évaluation des données, APHRC), professeur Nicolas Meda (directeur de l’ISSP), Seni Oedraogo (coordonnateur du GPE, ministère de l’Éducation, Burkina Faso), professeur Andre-Pascal Kengne (directeur de la recherche, APHRC), Zangbewennin Kyelem (responsable du KIX, ministère de l’Éducation, Burkina Faso) et Eric Munyambabazi (responsable de la coordination du projet au HISP, Ouganda)

Relever les défis et perspectives d’avenir 

De nombreux pays font face à des lacunes en matière d’infrastructure numérique qui limitent la capacité des écoles à recueillir et à transmettre des données, ainsi qu’à y accéder, en particulier dans les régions rurales ou à faibles ressources. La durabilité est apparue comme une autre préoccupation, les personnes participantes convenant que les systèmes et les plateformes de données devraient être intégrés dans les politiques et les budgets nationaux pour assurer une maintenance et des mises à jour continues, plutôt que de dépendre uniquement de financements externes.  

À l’avenir, plusieurs priorités ont été cernées pour renforcer l’incidence des données dans les systèmes d’éducation. Il sera essentiel d’élargir la formation du personnel enseignant et des directions d’écoles sur la façon de lire les données et d’agir en conséquence. L’intégration des plateformes de données aux systèmes nationaux de gestion de l’éducation peut assurer l’uniformité et réduire le chevauchement des efforts. Il y a également eu de l’intérêt concernant la mise à l’essai des mécanismes redditionnels novateurs qui utilisent les données pour promouvoir la transparence et l’engagement communautaire dans la surveillance du rendement scolaire. 

Conclusion 

L’assemblée générale annuelle du KIX-SEEDS a fourni des preuves claires que les données peuvent être un puissant moteur d’amélioration des résultats d’apprentissage lorsqu’elles sont utilisées efficacement. En investissant dans des systèmes de données solides, en renforçant les capacités des personnes qui les utilisent et en favorisant une culture de collaboration et de confiance autour de l’échange de données, les parties prenantes de l’éducation peuvent aider à s’assurer que chaque élève a le soutien dont il a besoin pour s’épanouir. Les expériences fournies lors de la réunion rappellent que les données ne sont pas une fin en soi, mais un outil qui, lorsqu’il est bien utilisé, peut aider à transformer l’engagement et les ressources en améliorations tangibles et mesurables pour les élèves de la région.