Un Webinaire du GPE KIX Explore Comment les données peuvent améliorer l’apprentissage fondamental
Le 13 novembre, le Programme Partage de connaissances et d’innovations du Partenariat mondial pour l’éducation (GPE KIX), a organisé un webinaire intitulé Utiliser les données pour améliorer l’apprentissage fondamental, en collaboration avec des partenaires de la Coalition mondiale pour l’apprentissage fondamental (GCFL), dont le Partenariat mondial pour l’éducation (GPE) et la Fondation Gates.
La session a exploré comment les pays peuvent exploiter les données pour renforcer les acquis en lecture et en mathématiques. Elle a présenté des interventions d’expert-e-s mondiaux et régionaux ainsi que des expériences pratiques de pays partenaires.
Le webinaire a mis en lumière l’ampleur de la crise de l’apprentissage : seulement 58 % des élèves atteignent un niveau minimal de compétence en lecture et 44 % en mathématiques à la fin du primaire. De nombreux pays disposent de données insuffisantes sur l’apprentissage fondamental et, même lorsque ces données existent, elles sont souvent sous-utilisées pour orienter les politiques et les décisions pédagogiques. Les discussions ont porté sur des solutions visant à améliorer la disponibilité, la qualité et l’utilisation des données d’apprentissage.
Présentations clés
Ramya Vivekanandan, spécialiste principale en éducation au GPE, a présenté le nouveau mécanisme de financement basé sur les résultats pour les données sur l’apprentissage. Elle a souligné que la pérennisation et l’utilisation des données sur l’apprentissage sont essentielles pour informer l’enseignement et allouer efficacement les ressources. Dans le cadre du GPE 2030, les pays peuvent recevoir une bonification de 10 % lorsqu'ils rapportent des données sur l’apprentissage fondamental. Les pays sont encouragés à choisir leurs systèmes pour améliorer la disponibilité et l’utilisation des données.
Jacqueline Jere Folotiya, experte principale en littératie et numératie fondamentales à l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA), a présenté l’Initiative africaine pour l’évaluation de l’apprentissage fondamental (AFLAI). Cette initiative vise à créer un pôle unifié de leadership technique à travers un réseau d’institutions africaines partenaires, afin de soutenir les ministères dans la lutte contre la crise de l’apprentissage d’ici 2035. Lors de sa réunion inaugurale, les ministères ont identifié cinq priorités : améliorer l’utilisation et la communication des données, fixer des repères, planifier les évaluations et renforcer les capacités, explorer l’innovation et l’intelligence artificielle, et traiter les questions de langue et d’équité.
Alpha Bah, conseiller principal à l’Institut de statistique de l’UNESCO, a insisté sur le fait que, bien que la collecte de données se soit améliorée, le véritable défi réside dans leur utilisation pour éclairer les décisions. Il a présenté les conclusions du rapport de synthèse du GPE KIX sur les systèmes et l’utilisation des données, qui préconise de passer des systèmes d’information pour la gestion de l’éducation (SIJE 1.0) à des systèmes plus intégrés et exploitables (SIJE 2.0). Alpha a partagé des exemples d’innovations testées via les projets de recherche du GPE KIX, notamment des évaluations menées par les citoyens fournissant des données simples et exploitables, ainsi que des initiatives de renforcement des capacités pour aider les ministères à interpréter des ensembles de données complexes. Il a également évoqué comment des plateformes comme DHIS2 permettent de mettre en place des systèmes de données évolutifs et durables. S’appuyant sur l’exemple de la Gambie, il a illustré comment des technologies ancrées dans les capacités locales, telles que des tableaux de bord en temps réel et des registres du personnel enseignant, peuvent transformer l’utilisation des données, passant d’un exercice de conformité à un levier pour les politiques et les pratiques pédagogiques.
Perspectives des pays
Pour ancrer le webinaire dans des expériences concrètes, la session s’est conclue par une table ronde animée par Clio Dintilhac, responsable principale de programme à la Fondation Gates, avec la participation de Charles Gachoki (Zizi Afrique Foundation), Vinod Karate (Central Square Foundation), Jaria Allen Nabirye (responsable de l’éducation de district, Ouganda) et Sawadogo Jérôme (chef du district de l’éducation de base, Burkina Faso). Les panélistes ont partagé comment les données sont utilisées aux niveaux des districts et des écoles au Burkina Faso, en Inde, au Kenya et en Ouganda pour améliorer l’apprentissage fondamental. Ils ont souligné que les données doivent se traduire par des stratégies concrètes en classe, les districts jouant un rôle central dans la mise en œuvre.
Pour plus de détails, les diapositives présentées sont disponibles ici (en anglais).
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À propos du rapport de synthèse sur les systèmes et l’utilisation des données
La prise de décisions fondées sur des données est essentielle à l'efficacité des politiques en matière d'éducation. Ce rapport présente une synthèse des résultats de cinq projets menés dans 44 pays, qui ont examiné la façon dont les innovations en matière de données peuvent améliorer le rendement du système éducatif. Il met en évidence des stratégies visant à renforcer la production, l'analyse et l'application des données afin d'améliorer l'élaboration de politiques fondées sur des données probantes, tout en favorisant l'égalité des genres et l'inclusion.
Systèmes de données et utilisation des données dans l'éducation
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