Le Soudan du Sud fait un pas majeur dans les données éducatives
Au Soudan du Sud, les données éducatives reposent encore sur des registres manuscrits – où le monde enseignant enregistre chaque jour la présence, l’inscription et la performance, souvent sous une forte pression, dans des classes surpeuplées et avec des ressources limitées. Cette tendance toutefois commence à changer.
Entre le 16 et le 18 mars 2026, l’Institut panafricain de l’éducation pour le développement (IPED-UA), par l’intermédiaire du programme Partage de connaissances et d’innovations du Partenariat mondial pour l’éducation (GPE KIX), une collaboration avec le Centre de recherches pour le développement international (CRDI), Canada, a travaillé en étroite collaboration avec le ministère de l’Éducation générale et de l’Instruction (MoGEI) du Soudan du Sud pour renforcer le système d’information en gestion de l’éducation (SIGE) du pays. Ce travail s’inscrit dans un effort plus large visant à faire avancer la Stratégie d’éducation continentale pour l’Afrique (SECA 2026-2035) et l’Objectif de développement durable 4 (ODD 4) grâce à des systèmes de données éducatives plus solides.
Cette collaboration de trois jours a réuni des responsables ministériels des unités du SIGE, de la planification, des TIC et des politiques, ainsi que des partenaires de développement, pour un processus structuré de réflexion et de résolution de problèmes.
Les discussions se sont concentrées sur les principaux défis affectant le système de données éducatives, notamment des systèmes de données fragmentés, une capacité technique limitée, une coordination faible et des contraintes d’infrastructure. Ces conversations étaient franches et ancrées dans les réalités quotidiennes de la gestion des données éducatives dans un contexte complexe.
Pour compléter ces discussions, l’IPED-UA a effectué des visites de terrain dans les écoles publiques de Juba. Ces visites ont permis de valider les défis du système et de mettre en lumière l’écart entre les systèmes nationaux et les réalités scolaires.
Ce qui freine le système
Lors des discussions et des visites sur le terrain, plusieurs défis communs ont été recensés :
- Incohérence en raison de systèmes de données non entièrement intégrés
- Capacité limitée en gestion des données, analyse et outils numériques
- Dépendance continue à la collecte manuelle de données sur le plan scolaire
- Défis liés aux infrastructures et à la connectivité, particulièrement en dehors des zones urbaines
- Faible coordination entre institutions et partenaires
- Investissement limité dans les systèmes de données éducatives
Pourtant, les participantes et participants ont souligné que les écoles et les responsables du ministère continuent de composer avec ces contraintes – démontrant leur résilience et un engagement à maintenir le système.
Un plan construit sur la réalité
Un résultat clé de cette mobilisation a été l’élaboration d’un plan chiffré d’action national du SIGE, une feuille de route concrète qui définit des actions pratiques et ciblées pour renforcer le système, dirigée par le ministère et soutenue par l’IPED-UA. Ses priorités sont les suivantes :
- Améliorer la gouvernance des données grâce à des rôles plus clairs, des normes et une reddition de comptes
- Développer des outils pour mieux cibler des enjeux critiques, comme les raisons de l’abandon de la population étudiante
- Renforcer la coordination entre les partenaires afin d’harmoniser les efforts et de réduire les doublons
- Renforcer les capacités techniques à l’échelle nationale et des États
- Investir dans l’infrastructure TIC et améliorer l’intégration des systèmes
En reliant ces priorités à des coûts indicatifs, le plan offre une voie réaliste de mise en œuvre, conçue pour garantir que les réformes peuvent être financées, coordonnées et maintenues.
La mobilisation a mis en lumière une leçon importante : les systèmes de données éducatives ne sont aussi solides que dans les environnements dans lesquels les données sont générées. Le renforcement du SIGE nécessite donc à la fois des réformes du système et un soutien continu aux écoles et aux parties prenantes locales qui produisent des données chaque jour. Le Soudan du Sud a maintenant un plan, et la dynamique pour effectuer les deux.