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Le Mozambique fixe des priorités pour renforcer le système de données éducatives

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UNESCO IICBA

Une évaluation de deux jours réalisée les 3 et 4 août 2026 à Maputo, au Mozambique, a permis d’examiner comment les données sur l’éducation étaient collectées, traitées, validées, transmises et utilisées dans le pays. Rassemblant un éventail de parties prenantes, cette évaluation a été organisée par le Pôle Afrique 19 du programme Partage de connaissances et d’innovations du Partenariat mondial pour l’éducation (GPE KIX), une initiative conjointe avec le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) du Canada. Elle était dirigée par l’Institut international de l’UNESCO pour le renforcement des capacités en Afrique (IIRCA), en collaboration avec l’Institut panafricain d’éducation pour le développement de l’Union africaine (AU-IPED).

Au cours de ces deux journées, des représentantes et représentants du ministère de l’Éducation et de la Culture du Mozambique, des bureaux d’éducation des provinces et des districts ainsi que des établissements scolaires — et des spécialistes de plusieurs domaines tels que les statistiques, la planification et les technologies de l’information et de la communication (TIC) — ont dégagé des priorités afin de renforcer la qualité des données éducatives dans le pays. 

Les discussions ont mis en évidence la nécessité d’élargir la saisie électronique et décentralisée des données, d’améliorer l’interopérabilité entre les systèmes d’information sur l’éducation, de consolider les processus d’assurance de la qualité des données et de renforcer les capacités du personnel chargé de la planification, des statistiques, des TIC et de la gestion des données à tous les niveaux (pays, provinces, districts et établissements scolaires).

L’évaluation a révélé que le Mozambique disposait d’une base solide. Celle-ci comprend un système d’information électronique sur la gestion de l’éducation (SIGE) mis en place à l’échelle nationale, plusieurs sous-systèmes de données sur l’éducation, des plateformes électroniques de données, ainsi que des processus de validation et de diffusion des statistiques sur l’éducation. Parallèlement, le pays reste exposé à des défis importants.

Une grande partie des données collectées par les établissements scolaires sont encore au format papier et les lacunes en matière de TIC — par exemple, en ce qui concerne les compétences et la formation du personnel, l’électricité et la connectivité Internet — risquent de retarder et de compromettre la qualité des données. Pour y remédier, l’équipe chargée de l’évaluation a répertorié des possibilités d’explorer des solutions hors ligne et à faible connectivité, ainsi que des partenariats avec des fournisseurs de télécommunications, afin de rendre la collecte de données numériques plus accessible aux établissements scolaires.

L’événement a également ouvert la voie à un apprentissage entre pays du Sud. Les responsables des TIC du Mozambique ont exprimé le souhait de comprendre comment le Kenya avait conçu son propre système d’information national sur l’éducation — en particulier, la manière dont le pays avait appréhendé le développement, l’interopérabilité et l’infrastructure du système local ainsi que la consultation des parties prenantes. Grâce au Pôle Afrique 19 du KIX et à l’AU-IPED, les parties prenantes mozambicaines ont désormais la possibilité de bénéficier d’une expertise pertinente et des expériences d’autres pays, afin d’adapter les solutions existantes à leur contexte national.

Cette évaluation de deux jours a renforcé le lien entre l’amélioration des systèmes de données et la prise de décisions plus adaptées en matière d’éducation. Le Mozambique utilise déjà les statistiques pour orienter la planification de l’éducation, notamment pour le déploiement du personnel enseignant, l’allocation des ressources et la gestion des infrastructures. Le renforcement du SIGE ne consiste donc pas seulement à numériser la collecte de données, mais à veiller à ce que les responsables politiques disposent d’informations opportunes, exactes et pertinentes lorsqu’il faut prendre des décisions sur les ressources et les priorités en matière d’éducation.

S’appuyant sur cette dynamique, le GPE KIX, l’UNESCO-IIRCA et l’AU-IPED ont facilité un dialogue national de trois jours du 5 au 7 août 2026. Cet événement a permis aux participantes et participants de bénéficier d’un apprentissage entre paires et pairs et de renforcer des compétences ciblées en lien avec les priorités de leur pays. Ce dialogue national a également été l’occasion de présenter les résultats de l’évaluation, ce qui a permis de poursuivre l’exercice au-delà de la mise au jour des lacunes et d’établir des liens entre les priorités nationales, les données probantes, l’expertise technique, l’expérience de terrain et des mesures concrètes visant à renforcer le SIGE du pays et son utilisation dans la prise de décision.