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Le Libéria lance une feuille de route pour le renforcement et la modernisation des systèmes de données sur l’éducation

KIX AFRICA 19 Liberia EMIS

Liberia EMIS National Dialogue

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AU IPED

Monrovia, Libéria – Le gouvernement du Libéria, par l’intermédiaire du ministère de l’Éducation, a conclu avec succès une mission transformatrice d’une semaine visant à renforcer et à moderniser le système d’information sur la gestion de l’éducation (SIGE) du pays. Le processus a été soutenu par la Commission de l’Union africaine, par l’intermédiaire de son Institut panafricain pour l’éducation pour le développement (AU-IPED), dans le cadre du programme Partage de connaissances et d’innovations du Partenariat mondial pour l’éducation (GPE KIX), une initiative conjointe avec le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) du Canada.

La mission intensive, qui s’est déroulée du 1er au 5 septembre 2025, a combiné un examen complet par les pairs du SIGE du Libéria avec un dialogue de haut niveau sur la politique nationale. Ce processus a permis de comparer le SIGE du Libéria aux normes continentales, de cerner les lacunes critiques et de présenter les résultats, les recommandations et un plan d’action triennal chiffré pour guider la modernisation du SIGE.

La séance de clôture a été présidée par l’honorable Jarso Maley Jallah, Ph. D., ministre de l’Éducation, aux côtés de l’honorable Thomas M. Parker, ministre adjoint de la planification, de la recherche et du développement, de M. Noubatour Adoumtar, chef de l’AU-IPED, et de l’équipe de l’AU-IPED, de représentant-e-s du Partenariat mondial pour l’éducation (GPE) et d’autres parties prenantes du secteur de l’éducation nationale.

L’examen par les pairs, qui s’est déroulé le 1er et le 2 septembre 2025, a permis de comparer le SIGE du Libéria aux normes continentales et d’échanger des connaissances avec des spécialistes du Nigéria, de la Sierra Leone et de la Gambie. Ces pairs ont présenté des stratégies fructueuses, comme la politique du Nigéria qui exige d’allouer 1 % des budgets des États au SIGE, la cartographie géographique des écoles et les identifiants numériques des apprenantes et des apprenants en Sierra Leone, ainsi que l’utilisation d’applications mobiles adaptées aux zones à faible connectivité en Gambie. Ces expériences ont permis au Libéria de définir ses propres priorités en matière de réforme et de s’harmoniser avec les normes continentales en matière de SIGE.

Le dialogue politique national qui a suivi a permis de valider les conclusions de l’examen par les pairs et de consulter les responsables de l’éducation, les fonctionnaires des comtés et les partenaires dans l’élaboration de solutions. Les principaux défis cernés sont les suivants : un déficit de données de quatre ans depuis le dernier recensement scolaire en 2021, une faible application des politiques relatives au SIGE, une infrastructure des technologies de l’information et de la communication (TIC) insuffisante et des systèmes de données fragmentés qui limitent la planification et le suivi.

Consolidés dans un plan d’action triennal chiffré, les résultats techniques se concentrent sur six domaines prioritaires :

  • Politique et gouvernance : Renforcement des instruments juridiques et politiques du SIGE avec des mécanismes d’application clairs harmonisés avec le plan sectoriel de l’éducation du Libéria.
  • Systèmes de données et normes : Introduction d’un système national d’identification unique des apprenantes et apprenants et du personnel enseignant à des fins d’intégration, de suivi et de traçabilité.
  • Infrastructure de TIC : Investissement dans des serveurs, des tableaux de bord et la connectivité pour une collecte de données décentralisée en temps réel.
  • Assurance de la qualité des données : Institutionnalisation d’un cadre de validation annuel et de protocoles normalisés de précision des données.
  • Développement des capacités : Mise en place d’une formation annuelle pour le personnel du SIGE et les responsables des comtés afin de renforcer l’expertise technique en matière de TIC et de méthodes statistiques.
  • Financement durable : Approbation d’un cadre de financement dans lequel le gouvernement du Libéria contribuera à hauteur de 60 % des ressources, 40 % étant attendus des partenaires de développement.

La séance s’est conclue par la signature du rapport de validation du SIGE, symbole d’un engagement commun entre l’AU-IPED et le ministère de l’Éducation. En reconnaissance de son leadership, la ministre Jallah a été officiellement nommée championne des données du SIGE du Libéria, affirmant ainsi son rôle dans la promotion de données fiables et opportunes sur l’éducation pour la planification et la politique.

Dans ses remarques, la ministre Jallah a souligné l’engagement du Libéria : « Il n’y a aucune raison pour que l’Afrique ne soit pas une superpuissance compte tenu des ressources dont nous disposons ». Elle a également souligné qu’avec le soutien du GPE, le ministère a déjà lancé une proposition de financement pour des mises à niveau urgentes des TIC et de l’infrastructure.

M. Adoumtar, de l’AU-IPED, a mis en évidence les progrès du Libéria pour montrer le pouvoir de l’apprentissage entre pairs sur tout le continent et l’importance d’un engagement collectif en faveur de systèmes éducatifs fondés sur des données.

Cette mission historique, facilitée par le Pôle Afrique 19 du KIX, marque un tournant dans le parcours du Libéria vers un SIGE numérisé, intégré et durable. Le système modernisé servira d’épine dorsale à la prise de décision fondée sur des preuves, garantissant des occasions d’éducation équitable pour chaque apprenant ou apprenante. Il contribuera également au plan sectoriel de l’éducation du pays, au programme du gouvernement libérien Arrest Agenda for Inclusive Development (AAID), et aux engagements mondiaux et continentaux en lien avec l’objectif de développement durable 4 et la Stratégie continentale d’éducation pour l’Afrique de l’Union africaine 2026-2035.