Le dialogue national du Nigeria témoigne de l’engagement renouvelé en faveur d’une formation de haute qualité du personnel enseignant
Du centre vers la gauche : l’honorable ministre de l’Éducation des États, le professeur Suwaiba Said Ahmad; directeur, UNESCO, IIRCA, Dr Quentin Wodon; professeur Ali Idris, adjoint spécial principal à l’honorable ministre de l’Éducation des États; Dre Claris Ujam, point focal du KIX; Dr Olagunju Idowu, secrétaire général, NA
Alors que l’Afrique fait avancer les discussions à l’échelle du continent sur la reconstruction de systèmes éducatifs résilients et tournés vers l’avenir, notamment grâce à la Stratégie continentale pour l’éducation en Afrique (CESA 26–35), adoptée par l’Union africaine en février 2025 et récemment présentée lors de la Triennale 2025 de l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA) à Accra, au Ghana, le Nigeria a complété ces efforts régionaux par son propre dialogue national organisé en septembre, axé sur le cœur de la transformation éducative : la formation du personnel enseignant et l’harmonisation des réformes nationales avec les visions mondiales et continentales pour des systèmes d’apprentissage résilients.
Organisé dans le contexte des défis urgents d’apprentissage et des réformes en cours au sein du programme du Certificat National en Éducation (CNE), cet engagement visait à harmoniser les données probantes issues de multiples initiatives de recherche, notamment celles soutenues par le Programme Partage de connaissances et d’innovations du Partenariat mondial pour l’éducation (GPE KIX), une initiative conjointe avec le Centre de recherches pour le développement international (CRDI).
Ont participé au dialogue des représentantes et représentants du ministère fédéral de l’Éducation, des ministères de l’Éducation des États, des Collèges d’éducation, des institutions et groupes de formation des enseignantes et enseignants, des partenaires du développement, tels que l’UNESCO, l’UNICEF, l’Institut international pour le renforcement des capacités en Afrique (IIRCA) et le Réseau Inter-agences pour l’Éducation en Situations d’Urgence (INEE), des organisations de la société civile, des actrices et acteurs du secteur privé, des parents, des étudiantes et étudiants et le Forum du gouverneur. Cet engagement a mis en évidence le fait que des systèmes de formation du personnel enseignant résilient ne peuvent pas émerger d’interventions isolées; ils nécessitent plutôt une responsabilité commune, une cohérence des politiques et une collaboration multisectorielle.
Dans son discours de bienvenue, la Dre Uchenna Uba, directrice des Collèges d’éducation au ministère fédéral de l’Éducation, a souligné que cet engagement a marqué « une étape décisive » vers l’intégration des données probantes dans les programmes, politiques et pratiques. Elle a invité les participantes et participants à mettre en place un cadre de formation du personnel enseignant modernisé, uniforme et fondé sur la recherche, capable de répondre aux réalités contemporaines.
Soutien mondial et harmonisation
Les messages de soutien des partenaires ont renforcé le rôle stratégique du Nigeria dans les efforts de transformation de l’éducation à l’échelle mondiale. Albert Mendy, Chef de bureau de l’UNESCO au Ghana, a souligné le rôle fondamental de la formation du personnel enseignant pour atteindre le quatrième objectif de développement durable (ODD 4) et a mis en avant les collaborations en cours, financées par l’UE, visant à renforcer la résilience des capacités des enseignantes et enseignants. Le Dr Quentin Wodon, directeur de l’IIRCA de l’UNESCO, a renchéri en exprimant son optimisme quant au fait que le dialogue aboutira à des recommandations concrètes pour éclairer l’intégration de la nouvelle stratégie CESA 26–35 par le Nigeria, tandis que l’ambassadeur du Japon, Suzuki Hideo, a réaffirmé l’engagement du Japon à soutenir les réformes du Nigeria, soulignant que « les enseignantes et enseignants se tiennent au cœur de toute réforme réussie ».
Réforme de la formation du personnel enseignant pour un avenir résilient
Les principales présentations ont porté sur le besoin urgent d’innovations en matière de pédagogie, d’inclusivité, de littératie numérique et d’efficacité des programmes. Dans son discours d’ouverture, le professeur Paulinus Okwelle, secrétaire exécutif du National Commission for Colleges of Education (NCCE), a situé les défis de la formation des enseignantes et enseignants au Nigeria à l’échelle des tendances du continent. Il a appelé à une transition de l’apprentissage par cœur vers des approches centrées sur l’apprenant et fondées sur les compétences, qui mettent l’accent sur l’esprit critique, la créativité, la collaboration et les compétences numériques.
Le professeur Okwelle a également souligné l’importance d’harmoniser les réformes des programmes avec les programmes de développement nationaux et à l’échelle du continent, y compris les ODD, la stratégie CESA 16–25, et l’Initiative de renouvellement du secteur éducatif du Nigeria (en anglais). L’écosystème politique, numérique et des données du Nigeria se renforce grâce à des initiatives telles que l’Initiative sur les données éducatives du Nigeria (en anglais), les réformes et les campagnes de littératie numérique du Conseil d’enregistrement du personnel enseignant du Nigeria (en anglais). Le professeur Okwelle a soutenu que la résilience du personnel enseignant serait le catalyseur des systèmes éducatifs résilients.
Perspectives tirées de la recherche appliquée : les données probantes comme moteur des politiques
Plusieurs projets financés par le programme Partage de connaissances et d’innovations du Partenariat mondial pour l’éducation (GPE KIX) ont alimenté le dialogue. Les présentations ont mis en valeur des innovations évolutives susceptibles d’entraîner une transformation systémique :
- Le modèle de formation initiale 4-en-1 par Sydani/CEBAR, qui intègre l’apprentissage jigsaw, le micro-enseignement, l’apprentissage fondé sur des problèmes et le modèle TPACK, a donné des résultats prometteurs en faisant évoluer la formation du personnel enseignant de la théorie vers la pratique, tout en promouvant une pédagogie inclusive et sensible au genre.
- La recherche sur les Programmes d’éducation accélérée en Afrique de l’Ouest a fourni des données probantes solides sur la réintégration des enfants non scolarisés, particulièrement dans des contextes fragiles et exposés aux conflits. Les résultats ont montré des taux de transition supérieurs à 90 % et ont mis en évidence le recrutement du personnel enseignant par les communautés comme une stratégie durable.
- La Recherche pour mettre à l’échelle les innovations éducatives dans les situations d’urgence et les zones fragiles touchées par les conflits et la violence au Nigeria, présentée par le Dr Adamu Wudil, chercheur du Center for the Study of the Economies of Africa (CSEA), a souligné la nécessité d’intégrer une pédagogie inclusive qui tient compte des traumatismes dans le programme afin de répondre aux besoins des apprenantes et apprenants dans les contextes de déplacement, ainsi que de fragilité, de conflits et de violence.
- Le projet BRIDGE-IDA a abordé le bien-être psychosocial des adolescentes et adolescents déplacés à l’intérieur de leur propre pays, en mettant en évidence le potentiel transformateur d’une éducation contextualisée aux compétences de vie pour le rétablissement après un traumatisme et la réintégration scolaire.
- Les conclusions du Programme ERICC présentées par Mme Olanrewaju Aborode ont mis en lumière la nécessité de réformes législatives garantissant un recrutement, une reconnaissance et une rétention équitables du personnel enseignant, en particulier des enseignantes et enseignants déplacés travaillant dans des zones de crise.
- La recherche de l’outil Check for Understanding (CFU) de TaRL Africa a démontré que des outils d’évaluation formative simples et peu coûteux peuvent améliorer considérablement les résultats des apprenantes et apprenants tout en mettant en évidence les lacunes dans la littératie numérique du personnel enseignant.
Toutes ces initiatives ont un point commun : les innovations fondées sur des données probantes et adaptées au contexte doivent être intégrées dans les systèmes de formation du personnel enseignant, et non mises en œuvre sous forme de projets autonomes.
Engagement du gouvernement et voie à suivre
Le ministre de l’Éducation des États, le Professeur Suwaiba Said Ahmad, a déclaré que le succès du programme d’éducation de base récemment révisé du Nigeria dépend d’une formation adéquate du personnel enseignant. Elle a appelé à rationaliser le programme afin de se concentrer sur les priorités pédagogiques fondamentales tout en intégrant les questions transversales, telles que les valeurs, les changements climatiques, la sécurité et le genre dans la formation du personnel enseignant.
Représentant le ministre lors de l’événement, le professeur Ali Idris, adjoint spécial principal, a souligné l’effort du gouvernement visant à harmoniser les divers résultats de recherche dans la révision du programme en cours. Il a établi un lien entre ces réformes de la formation du personnel enseignant et des réalisations nationales plus larges, notamment des programmes gratuits de l’enseignement et de la formation techniques et professionnels (EFTP), la réintégration de millions d’enfants non scolarisés, ainsi que la numérisation des données sur l’éducation au moyen de l’Initiative sur les données éducatives du Nigeria.
Vers un cadre transformationnel de la formation du personnel enseignant
À la fin du dialogue, l’appel était clair : le Nigeria doit forger un système de formation du personnel enseignant qui soit résilient, inclusif, fondé sur des données probantes et harmonisé à la fois avec les aspirations nationales et les stratégies continentales.
En prononçant le discours de remerciement, la Dre Claris Ujam, point focal du KIX, a confirmé que ces observations guideraient les révisions en cours des programmes. Cette initiative représente une étape cruciale vers la mise en place d’un système de formation du personnel enseignant résilient et fondé sur des données probantes, qui positionne le personnel enseignant comme le pilier d’un changement éducatif durable à travers le Nigeria.